Archives mensuelles : juillet 2013

Une motion Objectif Terre pour le congrès national Eelv 2013

objectif terre

La tête dans l’utopie, les pieds sur la terre : la terre des femmes et des hommes, la terre du Sud et du Nord, celle du local et du global, celle qu’on enrichit de nos idées, de nos actions et qui fait grandir ; s’il faut nous « orienter » c’est avec un projet de société qui n’attend pas des lendemains qui chantent mais qui nous fait chanter tous les matins, car c’est ici et maintenant que nous inventons la terre de demain.

Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles :

4 piliers pour regarder tranquillement le ciel sans peur que la maison s’écroule
« S’orienter », c’est retrouver notre capacité collective à montrer que si des alternatives partout se développent et montrent qu’un autre monde est possible et nécessaire, elles peuvent changer d’échelle en étant appuyées, soutenues, relayées,par les institutions et défendues et appronfondies par les politiques: tel est le rôle du parti.
Pour cela nous proposons de mettre en débat et en marche un véritable projet de société sur la base de quatre principes fondateurs en capacité de fédérer les révoltes et les indignations en sachant qu’on ne change pas le monde avec des pratiques et des modèles d’organisation qui ont mené à sa destruction.

1 – Transition énergétique et sobriété

Si l’arrêt du nucléaire conditionne la transition, (car comment désirer un autre monde sous la menace permanente de sa destruction), le développement des énergies renouvelable ne peut être un objectif écologiste s’il n’a pour seul motif de substituer les énergies fossiles par des énergies « propres »: cet objectif est techniquement illusoire et socialement non désirable. Nous ne pouvons pas demander l’arrêt du nucléaire, de l’extraction du gaz de schiste, la réduction de la consommation du pétrole, du charbon ou du gaz, sans revendiquer en cohérence qu’il nous faut limiter drastiquement nos besoins énergétiques. Si nous sommes écologistes nous devons rendre la sobriété désirable, car fondée sur le partage équitable des ressources à l’échelle du pays et de la planète.
C’est ainsi qu’il nous faut penser la décroissance non pour revenir à la flamme vacillante de la bougie, mais pour nous éclairer à la lumière du partage. Penser la décroissance, c’est comme penser le désarmement ou la décarbonisation; c’est vouloir sortir du monde de la croissance qui colonise la politique et nos imaginaires, comme nous voulons sortir du monde des armes et du carbone qui ont construit la désastreuse géopolitique mondiale actuelle. Si la récession est à l’opposé de la décroissance, sachons lire dans les mesures qu’elle semble nous « imposer » ce qu’elle porte de désirable : le développement des TER au détriment des TGV n’ouvre-t-il pas un autre rapport au temps, à la vitesse, en rendant du sens et de la valeur à la vie locale et à l’autonomie ? C’est tout le sens du combat contre les Grands Projets Inutiles Imposés : le concept de « buen vivir » doit être le seul à même de mesurer la richesse d’une société. Ainsi, tout comme pour la croissance, la notion de progrès est à reconsidérer profondément en jugeant l’histoire de l’humanité comme non linéaire mais buissonnante : à l’image de l’art, nombreux sont les espaces ou notre progrès n’a pas de sens.

2 – Alimentation, climat et droits de la nature

Prendre la terre comme objectif, c’est retrouver nos racines. C’est mettre la défense des terres agricoles et leur exploitation « durable » au cœur de notre action. L’agro-écologie faite de polyculture paysanne sans intrants chimiques est la seule agriculture mondialement soutenable. Il nous faut assumer ce retour à la terre (encore la décroissance!) qu’induit cette revalorisation des pratiques et des savoirs qui ont construit les civilisations. Via Campesina nous montre querefuser la domination mercantile de l’agro industrie qui fait de nos campagnes des terres sans hommes et sans abeilles, c’est valoriser l’expérimentation locale, les échanges de savoirs et renouer les liens sociaux qui fondent les sociétés humainement vivables. Penser en « terre de liens », c’est refuser l’exploitant exploité-isolé et défendre le paysan du paysage, soucieux de l’animal comme des sols ou de l’eau, acteur social d’un autre mode qui se construit à l’échelle du territoire, autonome en alimentation et en énergie.Œuvrer pour la souveraineté alimentaire à l’échelle du territoire c’est aussi soutenir la nécessité d’une alimentation moins carnée et ne plus considérer l’animal comme un produit.. C’est ainsi faire de la Nature au sens large un sujet de droit constitutionnel. C’est ce que font des pays d’Amérique Latine comme la Bolivie ou l’Equateur, tel que le garantirait un Tribunal International de l’Environnement.
Soutenir sans réserve les luttes locales contre l’ artificialisation des sols c’est également faire le lien entre l’environnement et la santé en défendant l’accès à tous à un air, une eau et une nourriture saine.

3 – Remettre l’économie « à sa place« 

« L’économie a transformé le monde, mais l’a transformée en monde de l’économie » Guy Debord avait déjà dit l’essentiel. Les échanges marchands, la consommation, la rémunération ou le pouvoir (devoir) d’achat ne doivent plus être à la base de l’organisation de nos sociétés. Celles-ci doivent fonctionner pour garantir à toutes et tous un accès universel aux biens fondamentaux grâce à des modes de coopération entre tous les acteurs. L’extension de la gratuité et la mise en place d’un revenu universel, associée à la pénalisation du mésusage et à la mise en place d’un revenu maximum sont à la base de cette organisation. Biens communs et services publics doivent être étendus et valorisés, à l’exemple de la mise en œuvre d’un service bancaire non spéculatif pensé comme un bien commun au service de la régénération des économies locales. Quant à la dette illégitime, elle n’est pas plus à sa place que l’économie : c’est à la corbeille qu’elle doit aller. Son illégitimité tout comme son irréalité ne sont plus à prouver. Seul reste l’argument d’une volonté délibérée de mettre les peuples sous astreinte permanente. Pour les uns l’enfer, pour les autres les paradis fiscaux, voilà l’ultime logique de la domination du dieu « économie ».

4 – Démocratie !

Ouvrir la voie vers une véritable démocratie citoyenne innovante et capable de suivre les chemins de la transition. C’est le principal objectif que doit porter un parti politique écologiste : à nous de faire le pas de côté de l’an 01 d’une nouvelle république..
Comment aujourd’hui garder en tant que parti politique, une crédibilité au sein d’institutions qu’une nouvelle société en marche a choisi de rejeter en les considérant comme incapables de prendre la mesure des transformations à opérer ?
Comment retrouver un rôle « alternatif » et une organisation susceptible de préfigurer ce que doit être l’organisation démocratique d’une société écologiste ?
En lançant l’appel d’une Constituante, nous devons tout d’abord poser les bases d’un projet global de gestion citoyenne décentralisée, autonome et solidaire. Permettre à tous et toutes d’exercer la délégation ou la représentation, c’est tout d’abord s’interdire de l’incarner seulE ; c’est refuser la personnalisation et la professionnalisation; c’est refuser l’idée même de carrière politique. C’est aussi assumer pleinement la non-violence comme valeur essentielle de la démocratie et que ruinent les enjeux de pouvoir.

Le parti doit dès a présent être un relais à l’image de cette nouvelle démocratie. Le mandat court, tout comme la parité, doivent être de mise pour répondre à cette nécessité d’ouverture. L’expérience acquise doit être partagée comme sera le pouvoir provisoirement délégué le temps d’un « congé politique citoyen ».

La réduction du temps de travail devient ainsi un outil qui accompagne l’ouverture citoyenne à l’exercice de la politique. Pensée avec de nouvelles phases choisies sur l’ensemble de la vie, elle ouvre la sphère de la citoyenneté au delà de l’acte de produire, et devient ainsi un objectif prioritaire des luttes sociales. Les nouvelles formes de démocraties sociales autogestionnaires ou coopératives doivent de cette façon trouver leur écho au sein même de notre parti : de la rotation des taches et des responsabilités, aux écarts de rémunération il doit en être de même pour les salariés des SCOP comme pour nos élus.

Ainsi, sans attendre cette 6e République, « soyons dès à présent le monde que nous voulons pour demain ». et voyons dans quelle mesure cela nécessite une remise en question profonde de notre organisation et de nos statuts. C’est la condition pour ouvrir la voie de la politique pour touTEs, quel que soit leur milieu, leur genre ou leur lieu d’origine. C’est la raison d’être d’un parti écologiste.

Soyons terre à terre !

L’écologie par sa remise en cause du productivisme et du dogme de la croissance est le nouvel horizon des luttes d’émancipation qu’historiquement la gauche a toujours porté.

Il est impératif de tirer le bilan de nos alliances, en analysant pourquoi les urgences climatiques ou énergétiques, l’effondrement de la biodiversité ou la menace nucléaire imposent de déplacer notre champ d’influence au-delà des partis et des seules échéances électorales.

La plupart de nos alliés socialistes sont aujourd’hui dans l’incapacité d’une remise en question du modèle productiviste qu’ils défendent pour la France comme pour l’Europe. L’augmentation du nombre d’abstentionnistes, tout comme l’émergence des organisations politiques «alternatives», nous confirment une nouvelle fois que la société dite « civile » devance «l’institutionnelle». Qu’il s’agisse des ZADistes, des transitionneurs, ou autres AMAPistes , décroissants, ou altermondialistes, la nécessaire transition écologique en dehors des partis est en marche pour construire un autre monde et nous rappeler, s’il en était besoin, que le modèle actuel, même réformé, ne répond plus aux attentes des peuples et aux nécessités des générations futures.

Rejeter l’artificialisation des terres, le dogme de la croissance, la vitesse et les Grands Projets Inutiles et Imposés, prôner la gratuité de l’échange ou du service, défendre une Citoyenneté Universelle et l’égalité entre tous les êtres humains, telles sont les luttes dont l’objet est de rompre radicalement avec un modèle économique et politique qui organise la spoliation de la majorité des citoyens et les prive de leur capacité à agir sur leur existence.

L’ouverture sur cette citoyenneté en action faite d’associatifs non encartés, ou de membres d’autres mouvements politiques restent une aspiration jamais traduite dans les faits si ce n’est sous forme d’alibis plus ou moins médiatisés. Car de quelle ouverture parle-t-on quand la maison n’est plus habitable parce que l’air y est vicié et qu’ainsi la porte de sortie marche davantage que celle de l’entrée?

S’il s’agit d’ouvrir la maison du parti, sachons montrer que nous n’avons pas changé que le papier peint, mais que nous avons aussi renforcé nos fondations pour permettre d’y accueillir le plus de monde possible !

Ces fondations, sont les fondamentaux de l’écologie, nous en avons proposé quatre piliers. Elles ne pourront être stables que si la convivialité, la non violence, la fraternité, l’innovation sociale et culturelle, le plaisir du travail en commun sont présents pour que soit possible et désirable de construire dès à présent et ensemble un autre monde.

Tel est l’objectif de notre courant d’air, qui se donne pour mission d’ouvrir les fenêtres pour changer d’ère !

Nous avons besoin de la contribution de toutes et tous, car pour être plus efficace, ce nouveau souffle doit être puissant et majoritaire dans le parti, mais aussi atteindre une masse critique de citoyenNEs qui se reconnaissent dans ces valeurs, ces ambitions et cette nouvelle approche de la politique.

Pour en savoir plus et signer la motion, cliquer ici

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